
{"id":744,"date":"2018-09-22T17:20:55","date_gmt":"2018-09-22T15:20:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cegazelles.net\/?p=744"},"modified":"2018-09-22T17:21:10","modified_gmt":"2018-09-22T15:21:10","slug":"portrait-de-ma-mere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cegazelles.net\/?p=744","title":{"rendered":"Portrait de ma m\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-749 alignleft\" src=\"https:\/\/www.cegazelles.net\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/Luzolo.jpg\" alt=\"\" width=\"178\" height=\"260\" srcset=\"https:\/\/www.cegazelles.net\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/Luzolo.jpg 2037w, https:\/\/www.cegazelles.net\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/Luzolo-206x300.jpg 206w, https:\/\/www.cegazelles.net\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/Luzolo-768x1120.jpg 768w, https:\/\/www.cegazelles.net\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/Luzolo-412x600.jpg 412w, https:\/\/www.cegazelles.net\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/Luzolo-185x270.jpg 185w\" sizes=\"auto, (max-width: 178px) 100vw, 178px\" \/><\/p>\n<p>LUZOLO SALU Voldie<\/p>\n<p><strong>1<sup>\u00e8re<\/sup>Ann\u00e9e Secondaire (2015 \u2013 2016)<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9e \u00e0 Kinshasa, le 07 novembre 2002<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je suis LUZOLO SALU Voldie, \u00e9l\u00e8ve de premi\u00e8re secondaire aux Gazelles, d\u00e9j\u00e0 dix ans que je suis aux \u00ab\u00a0Gazelles\u00a0\u00bb. Je suis n\u00e9e un certain 7 novembre 2002, \u00e0 Kinshasa. Je suis la fille de Luzolo Balonga Jean-Marie et de Salu Kia-Yenge Nicole. Je suis n\u00e9e dans une famille de trois enfants, un gar\u00e7on et deux filles dont je suis l\u2019a\u00een\u00e9e. Nous habitons au n\u00b019 bis de l\u2019avenue Yalingo, quartier Yolo-Sud dans la commune de Kalamu.<\/p>\n<p>Depuis ma naissance, je n\u2019ai jamais quitt\u00e9 ma ville natale, Kinshasa. Ni non plus mon cher pays la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo. Je vis toujours \u00e0 Kinshasa, capitale de mon pays. Je n\u2019ai jamais emprunt\u00e9 ni avion, ni bateau, ni train, ni pirogue, ni camion, ni moto, pour sortir de Kinshasa.<\/p>\n<p>Je vais vous d\u00e9crire ma m\u00e8re\u00a0: Salu Kia-Yenge Nicole. Elle est n\u00e9e dans une famille de huit enfants dont elle est la sixi\u00e8me. N\u00e9e un certain 25 mars \u00e0 Kinshasa. Dans sa famille, il y a deux filles et six gar\u00e7ons. Les deux filles sont \u00e0 Kinshasa. Les six autres vivent en Europe. Elle est orpheline de p\u00e8re et de m\u00e8re.<\/p>\n<p>Le 25 ao\u00fbt 2001, elle se marie avec un homme, Luzolo Balonga Jean-Marie. C\u2019est de cette union qu\u2019est n\u00e9e Voldie Luzolo Salu. J\u2019existe maintenant. Le 07 novembre 2002, \u00e0 20h30, le t\u00e9l\u00e9phone sonna pour informer mon p\u00e8re que je viens de na\u00eetre.<\/p>\n<p>Avec mes parents, cela n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9 la joie. Les disputes sont fr\u00e9quentes et nos pleurs aussi. Mais pourrons-nous y changer\u00a0quelque chose ?<\/p>\n<p>Le 20 avril 2005, \u00e0 8 heures, le t\u00e9l\u00e9phone sonna pour nous informer que mon fr\u00e8re vient de na\u00eetre, on le nomme Daniel. Mon fr\u00e8re est en cinqui\u00e8me primaire aux \u00ab\u00a0Gazelles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En 2009, ma m\u00e8re est enceinte. Le 29 janvier 2009, tout \u00e0 coup, le t\u00e9l\u00e9phone sonne pour annoncer \u00e0 ma m\u00e8re la mauvaise nouvelle\u00a0: mon oncle de Belgique, l\u2019informe que sa m\u00e8re est morte. Elle se met \u00e0 pleurer, se roule parterre comme une petite fille. Les jours passent et le 24 ao\u00fbt 2009, elle met au monde ma petite s\u0153ur qui s\u2019appelle M\u00e9lanie. Deux ans apr\u00e8s, le p\u00e8re de ma m\u00e8re d\u00e9c\u00e8de. Le jour des fun\u00e9railles, nous \u00e9tions au deuil. Que son \u00e2me repose en paix\u00a0!!!<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re prie \u00e0 l\u2019\u00e9glise \u00ab\u00a0Saint Gabriel\u00a0\u00bb. Elle est belle, gentille, tendre etc. Elle est m\u00e9nag\u00e8re. Pour moi, elle est la plus belle maman du monde. Sa grande s\u0153ur habite pr\u00e8s chez nous. Parfois ma m\u00e8re passe la journ\u00e9e chez elle. Elle aime trop sa s\u0153ur.<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re aime trop ma jeune s\u0153ur parce qu\u2019elle est n\u00e9e l\u2019ann\u00e9e de la mort de sa m\u00e8re. Mais elle nous aime aussi. A l\u2019\u00e9poque, je consid\u00e9rais ma m\u00e8re comme mon bourreau. Il est vrai que je l\u2019adorais mais la peur dominait comme sentiment quand j\u2019\u00e9tais avec elle. J\u2019ai l\u2019impression que ma m\u00e8re me voulait parfaite. Et \u00e0 certains moments je me dis qu\u2019elle aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 un autre enfant \u00e0 moi \u00e0 cause de mes limites.<\/p>\n<p>Chaque p\u00e9riode de vacances, elle ressort mes cahiers des ann\u00e9es ant\u00e9rieures pour m\u2019obliger \u00e0 \u00e9tudier. Elle travaille beaucoup. Mais de tout ce qu\u2019elle fait, mon p\u00e8re ne la r\u00e9compense pas. Elle aime lui dire ceci\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Tu as de la chance d\u2019avoir une femme comme moi<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Chaque matin, quand elle se r\u00e9veille, elle prie. Et puis, une fois quand nous nous r\u00e9veillons nous prions avec elle. Elle nous dit ceci\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Si tu ne pries pas, le diable pourra facilement te d\u00e9truire<\/em>\u00a0\u00bb. Moi, dans ma pri\u00e8re, je demande \u00e0 Dieu de me prot\u00e9ger, me donner la sagesse, \u00eatre avec moi pendant la journ\u00e9e\u00a0; donner \u00e0 mes parents assez d\u2019argent. D\u00e8s que je termine, je sors de la chambre avec ma brosse \u00e0 dents en mains.<\/p>\n<p>Quand un des fr\u00e8res de ma m\u00e8re vient \u00e0 Kinshasa, elle lui demande de prendre un de nous trois pour l\u2019amener en Europe. Une fois, mon oncle avait propos\u00e9 \u00e0 ma m\u00e8re d\u2019aller en Europe avec elle. Maman avait cat\u00e9goriquement refus\u00e9 parce que mon fr\u00e8re et moi allions rester seuls. Qui prendrait soin de nous deux\u00a0? Voici une bonne m\u00e8re, qui pense \u00e0 ses enfants. Certaines m\u00e8res ne font pas cela. Je ne sais pas sans ma m\u00e8re si je saurais bien vivre. Mais la mort nous suit partout o\u00f9 nous allons. Elle peut nous l\u2019arracher.<\/p>\n<p>Maman est une m\u00e8re responsable. Elle est tr\u00e8s importante, pr\u00e9cieuse pour moi. Ma m\u00e8re pr\u00e9pare des plats exceptionnels. Lors de l\u2019\u00e9mission culinaire, par exemple, c\u2019est seulement pour admirer les plats, mais ma m\u00e8re, elle suit attentivement pour reproduire quelques recettes qu\u2019elle pourra pr\u00e9parer.<\/p>\n<p>Le jour de Nouvel An, ma m\u00e8re et moi allons f\u00eater \u00e0 Kintambo chez ma tante. Nous habitons pr\u00e8s de notre tante. Nous allons chez elle ou j\u2019y vais seule. Nous jouons avec mes cousines\u00a0; vers 22 heures, maman vient nous chercher pour rentrer \u00e0 la maison.<\/p>\n<p>Lorsque ma m\u00e8re zappe elle aime plus suivre la cha\u00eene \u00ab\u00a0Nollywood TV\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Cuisine\u00a0\u00bb. Ma m\u00e8re m\u2019a appris \u00e0 faire la vaisselle, la lessive et \u00e0 pr\u00e9parer.<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re n\u2019a pas connu d\u2019autres hommes \u00e0 part mon p\u00e8re. Elle a rat\u00e9 le voyage \u00e0 cause de son mariage. Parfois elle se demande pourquoi elle s\u2019est mari\u00e9e, si le mariage est comme \u00e7a, elle allait \u00eatre une s\u0153ur religieuse. Un jour, le professeur Kiyanze nous a appris que les parents doivent s\u2019aimer, se respecter mutuellement, s\u2019aider dans de bons moments, comme dans les moments difficiles. Il faut \u00eatre fid\u00e8le \u00e0 son mari. Ma m\u00e8re aime beaucoup son mari et sa famille. Je l\u2019aime aussi beaucoup.<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re me r\u00e9p\u00e8te souvent\u00a0: <em>la vie ne fait de cadeaux \u00e0 personne<\/em>. Elle me donne une bonne \u00e9ducation afin que je sois ind\u00e9pendante. Depuis toute petite, j\u2019ai appris que je ne devais compter sur personne, si ce n\u2019est sur moi-m\u00eame.<\/p>\n<p>Quand je vois la vie de ma m\u00e8re, je comprends qu\u2019il faut se battre pour atteindre l\u2019excellence, la bataille n\u2019est pas facile vu que beaucoup la livrent pour le m\u00eame but\u00a0: r\u00e9ussir, se faire un nom, marquer l\u2019histoire. Pers\u00e9v\u00e9rer, avancer n\u2019est pas une chose facile. La vie est tellement complexe que l\u2019on ne peut pas pr\u00e9voir le lendemain. Et l\u2019une des choses, les erreurs que tu commets, tu ne pourras en aucun cas retourner en arri\u00e8re pour les effacer. Ce qui est fait est fait. Maman aime bien me dire\u00a0: <em>ne vis pas ta vie comme si c\u2019\u00e9tait un brouillon<\/em>.<\/p>\n<p>Elle dit que la pri\u00e8re est quelque chose de sacr\u00e9 pour elle. Ma m\u00e8re avait \u00e9tudi\u00e9 son \u00e9cole primaire \u00e0 l\u2019\u00e9cole Mamelo, \u00e9cole secondaire au lyc\u00e9e Boyokani. Elle a fait des \u00e9tudes commerciales. La vie ne lui a pas toujours \u00e9t\u00e9 rose, mais elle s\u2019est bien battue pour r\u00e9ussir.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9poque, elle vendait de la boisson, \u00e0 vrai dire, elle avait un d\u00e9p\u00f4t. Elle gagnait beaucoup d\u2019argent en faisant cela. Elle achetait des bijoux, des bagues etc. Quand elle \u00e9tait enceinte de mon petit fr\u00e8re, elle s\u2019\u00e9tait br\u00fbl\u00e9e \u00e0 la jambe. Elle marchait avec un b\u00e2ton. Ma d\u00e9funte grand-m\u00e8re l\u2019aidait \u00e0 faire les petits travaux de la maison. Elle vient souvent signer nos bulletins. Elle nous encourage \u00e0 r\u00e9ussir, \u00e0 augmenter nos pourcentages. Elle m\u2019a initi\u00e9e \u00e0 travailler d\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge. Mais, elle me g\u00e2te aussi quelque fois. Pour elle, il y a trop de r\u00e8gles \u00e0 suivre et des travaux \u00e0 effectuer. Elle aime travailler sans se reposer, elle se r\u00e9veille chaque jour \u00e0 4h00\u00a0; elle s\u2019endort \u00e0 23h00.<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re me dit souvent : dans la vie il faut \u00eatre simple, gentille avec tout le monde. Si tu n\u2019es pas simple quand tu auras un probl\u00e8me ou une difficult\u00e9, personne ne t\u2019aidera. Elle m\u2019a appris \u00e0 parler, la premi\u00e8re chose que j\u2019ai apprise, c\u2019\u00e9tait \u00ab\u00a0Maman\u00a0\u00bb. Ma m\u00e8re est une femme respectueuse, gentille, adorable, etc.<\/p>\n<p>Souvent le jour de mon anniversaire, elle m\u2019offre un joli cadeau. Et le jour de son anniversaire, \u00e0 mon tour, je lui offre un bouquet de fleurs. Elle compte beaucoup dans ma vie.<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re a grandi \u00e0 Yolo-Sud, sur l\u2019avenue Place Mangue, n\u00b020. Sa d\u00e9funte m\u00e8re vendait au march\u00e9, son p\u00e8re travaillait \u00e0 l\u2019Institut National des Statistiques. Il \u00e9tait directeur des plans. Son p\u00e8re avait deux femmes\u00a0; ma m\u00e8re a un demi-fr\u00e8re qui vit au Nigeria. Mais il porte le m\u00eame nom que ma m\u00e8re. Moi, je ne l\u2019ai jamais vu. J\u2019ai appris qu\u2019il viendra nous rendre visite bient\u00f4t.<\/p>\n<p>Par moments, je pense avoir rat\u00e9 de bons moments d\u2019enfance. Et je me console en disant que je devais le faire pour affronter mon destin. Je veux que mon r\u00eave se r\u00e9alise.<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re est de la tribu de Bakongo. Elle est de la province du Kongo Central, territoire de Luozi, secteur de Mbanza Ngoyo. A la femme, on confie les t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res et l\u2019\u00e9ducation des enfants. Au moins, ma m\u00e8re a eu la chance de monter dans l\u2019avion. Son nom est Salu, son post-nom est Kia-Yenge, son pr\u00e9nom est Nicole, son surnom est Mireille. Elle n\u2019aime pas vraiment son surnom. Je ne sais pas pourquoi. Un jour je le saurai. Sa grande-s\u0153ur, ma tante, a une fille qui m\u2019aime beaucoup et, je l\u2019aime aussi beaucoup.<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re et moi, nous nous aimons beaucoup. Des fois, elle nous punit, nous frappe. Mais un proverbe dit : \u00ab\u00a0<em>Qui aime bien, ch\u00e2tie bien<\/em>\u00a0\u00bb. Elle nous ch\u00e2tie bien. Je pense qu\u2019elle est la m\u00e8re id\u00e9ale.<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re est catholique. Mais ses parents \u00e9taient des protestants. Depuis son enfance elle fr\u00e9quente l\u2019\u00e9glise Saint Gabriel. Elle a eu la chance de rencontrer mon p\u00e8re l\u00e0-bas. Ils se sont mari\u00e9s l\u00e0-bas. Dans notre \u00e9glise, il y a la grande \u00e9glise et l\u2019ECODIM, la petite \u00e9glise. Nous sommes des chr\u00e9tiens.<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re aime chanter la chanson de Papa Wemba, de Maman Shabani. Elle adore chanter. Son r\u00eave est de devenir une chanteuse c\u00e9l\u00e8bre. Ma m\u00e8re ne mange pas le \u00ab\u00a0<em>mfumbwa<\/em>\u00a0\u00bb, les feuilles de patate, le chou.<\/p>\n<p>Parmi les viandes, elle aime manger la viande de vache, les sabots (<em>makosso<\/em>), les c\u00f4telettes, le poulet, et comme poisson\u00a0: les chinchards, le poisson sal\u00e9, \u2026<\/p>\n<p>A part ceci, elle aime manger le riz, le <em>nsaka-madesu<\/em>, les frites, les bananes plantains, le <em>mosaka<\/em>(p\u00e2te d\u2019huile de palme), les \u0153ufs, du pain, les g\u00e2teaux. Quand elle mange le pain, elle aime le fourrer \u00e0 la margarine, du beurre, du fromage. Elle ne prend ni jus, ni bi\u00e8re.<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re a perdu ses tantes, ses oncles apr\u00e8s la mort de sa d\u00e9funte m\u00e8re et de son p\u00e8re depuis trois ans. Elle a v\u00e9cu beaucoup de calvaire, de souffrances, de peines. Parfois, elle se met \u00e0 penser \u00e0 toutes ces personnes mortes. Chaque 1<sup>er<\/sup>ao\u00fbt, elle va au cimeti\u00e8re. Mais, on nous avait appris que mon ami avait perdu sa grande-s\u0153ur. Le jour de l\u2019enterrement nous sommes all\u00e9s au deuil, ma m\u00e8re, ma cousine et moi. Ma m\u00e8re avait beaucoup pleur\u00e9. Au deuil, elle a rencontr\u00e9 les ma\u00eetresses, les ma\u00eetres, les professeurs, ma tante, plusieurs personnes.<\/p>\n<p>Quand ma m\u00e8re \u00e9tait jeune fille, elle \u00e9tudiait au lyc\u00e9e Boyokani. Elle voulait faire la section commerciale. Mais, il y avait seulement la section litt\u00e9raire. Elle n\u2019en voulait pas. Son p\u00e8re l\u2019avait orient\u00e9e au Lyc\u00e9e Mpiko. Arriv\u00e9e l\u00e0, on lui avait administr\u00e9 un test de niveau. Elle avait r\u00e9ussi et on l\u2019avait admise en commerciale. Quand elle arriva en sixi\u00e8me des humanit\u00e9s, elle avait d\u00e9croch\u00e9 son dipl\u00f4me d\u2019Etat.<\/p>\n<p>Son grand-fr\u00e8re voulait qu\u2019elle voyage. Mais, elle avait refus\u00e9. Elle voulait seulement se marier.<\/p>\n<p>Elle aime trop le mariage. Arriv\u00e9e au mariage, elle commence \u00e0 le d\u00e9tester. Parfois, elle regrette de n\u2019avoir pas accept\u00e9 d\u2019aller en Europe, peut-\u00eatre l\u00e0-bas, \u00e7a allait \u00eatre mieux. Beaucoup de gens pensent que l\u2019Europe est le paradis. On mange cinq fois par jour. Certains disent qu\u2019en Europe, on ne souffre pas. Bon\u00a0! Pour moi, c\u2019est faux\u00a0; l\u2019Europe n\u2019est pas le paradis. Plusieurs personnes en Europe\u00a0ont envie de retourner dans leur ville natale \u00ab\u00a0Kinshasa\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Revenons \u00e0 notre histoire. Maman est diff\u00e9rente de toutes les filles que je connais. Parfois, si tu commets une b\u00eatise, elle ne te parle plus. Cela m\u2019\u00e9nerve. Je n\u2019arrive pas \u00e0 passer un jour sans adresser la parole \u00e0 quelqu\u2019un comme elle.<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re n\u2019avait pas beaucoup d\u2019amies. Ses deux amies d\u2019enfance sont Odile et Daddy. Ma m\u00e8re a connu Odile \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Elle l\u2019aidait parfois \u00e0 faire ses devoirs et interrogations. Odile habite \u00e0 Ngiri-Ngiri. Quelque fois, apr\u00e8s les cours, ma m\u00e8re allait lui rendre visite chez elle. Le p\u00e8re d\u2019Odile s\u2019appelait Masaki. Il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2012. Que son \u00e2me repose en paix\u00a0!<\/p>\n<p>Le jour de remise de dipl\u00f4mes, sa meilleure amie Odile \u00e9tait venue chez ma m\u00e8re. Elles \u00e9taient contentes. Ma m\u00e8re avait obtenu 51% \u00e0 l\u2019examen d\u2019Etat. A l\u2019\u00e9poque, si tu obtiens 51%, c\u2019\u00e9tait beaucoup. Mais maintenant 51% est un faible pourcentage.<\/p>\n<p>Bon, je ne sais pas si ma m\u00e8re a \u00e9tudi\u00e9 dans quelle universit\u00e9 ou institut sup\u00e9rieur. Apr\u00e8s cela, ma m\u00e8re s\u2019\u00e9tait mari\u00e9e\u00a0; mais son amie n\u2019a pas eu la m\u00eame chance de se marier. Elle vendait les \u00e9pices \u00e0 Simba Zigida. Le jour o\u00f9 ma m\u00e8re m\u2019avait enfant\u00e9e, son amie avait emmen\u00e9 pour moi du savon, les pampers, les couches, du pain, etc.<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re avait aussi une autre amie, Daddy. Elle habitait dans notre ancienne maison sur Lufungula n\u00b03. Elle est coiffeuse. C\u2019est elle qui fait les soins de visage, la manucure, la p\u00e9dicure \u00e0 ma m\u00e8re. Daddy vit maintenant \u00e0 Matadi chez son jeune fr\u00e8re. Parfois, elle vient \u00e0 Kinshasa nous rendre visite. Quand elle vient, elle nous apporte des choses comme du savon, du poulet, de la viande, \u2026<\/p>\n<p><strong>Ma vie aux Gazelles<\/strong><\/p>\n<p>La premi\u00e8re fois que je suis venue aux Gazelles en tant qu\u2019\u00e9l\u00e8ve, c\u2019\u00e9tait un mardi du mois de septembre 2008. J\u2019\u00e9tais admise en deuxi\u00e8me maternelle. Le jour de la rentr\u00e9e, Mme Tatiana nous a racont\u00e9 des histoires, nous avons chant\u00e9, pri\u00e9, colori\u00e9, dans\u00e9 et d\u00e9coup\u00e9\u00a0: bref, nous avons fait beaucoup de choses.<\/p>\n<p>Maintenant je suis en premi\u00e8re secondaire. J\u2019aime beaucoup la premi\u00e8re secondaire. Le titulaire est Adrien Mpani Matungulu et l\u2019adjoint, Jean-Baptiste Kiyanze. Le jour de la rentr\u00e9e, quelques \u00e9l\u00e8ves ont racont\u00e9 leurs vacances. On a \u00e9tudi\u00e9 des le\u00e7ons de fran\u00e7ais, technologie, alg\u00e8bre, analyse, math\u00e9matique et L.T.A (Langues et Traditions Africaines).<\/p>\n<p>On a enseign\u00e9 d\u00e8s le premier jour. Comme c\u2019est notre premi\u00e8re ann\u00e9e au secondaire, tous les professeurs sont nouveaux. Chacun s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9. Ensuite, le professeur MPANI a demand\u00e9 aux \u00e9l\u00e8ves de se pr\u00e9senter.<\/p>\n<p>Je ne connais pas tous les \u00e9l\u00e8ves. Il y a quelques nouveaux comme Lebuabanga, Lengo, Aluma, Ntumba, Baseka, Mungulu, Muzunaze, Mbundi. Il y a \u00e9galement des doubleurs comme Abizini, Mbaki, Bamba, Mupalanga. Certains ont quitt\u00e9 l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n<p>Tous les professeurs sont gentils avec nous en classe. Je les aime tous. Car tous, ils contribuent \u00e0 ma formation. Les professeurs de mon \u00e9cole sont les meilleurs qui soient. Ils s\u2019\u00e9poumonent chaque jour et viennent nous enseigner. Pour moi il faut les respecter comme nous le faisons avec nos parents \u00e0 la maison. Je me souviens d\u2019une phrase du professeur Kiyanze\u00a0: l\u2019\u00e9cole est le prolongement de la famille. Les \u00e9l\u00e8ves doivent \u00e0 leurs professeurs l\u2019ob\u00e9issance, le respect, l\u2019affection et l\u2019assistance aux n\u00e9cessiteux.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les Gazelles\u00a0\u00bb est une bonne \u00e9cole que j\u2019ai connue. Notre promotrice s\u2019appelle Madame Heidi Kabangu. Elle est gentille\u2026 Elle habite en Suisse. Je remercie le bon Dieu d\u2019avoir une bonne promotrice comme elle. Madame Kabangu a prononc\u00e9 un discours dans lequel elle racontait comment elle avait construit sa vie et son \u00e9cole. Mon \u00e9cole fut cr\u00e9\u00e9e en 1976 \u00e0 Limete. En 1980, l\u2019\u00e9cole a quitt\u00e9 Limete pour Yolo. Je trouve aussi que le Pr\u00e9fet est un homme juste, int\u00e8gre et surtout, il est bon.<\/p>\n<p>Les amis. Quand je suis entr\u00e9e au Gazelle, j\u2019ai rencontr\u00e9 une amie au nom de Abobo Ja\u00eblle. C\u2019est ma meilleure amie. Maintenant elle a quitt\u00e9 l\u2019\u00e9cole. Apr\u00e8s son d\u00e9part, j\u2019ai encore rencontr\u00e9 une amie au nom de Kalumba Gr\u00e2ce. Elle est aussi ma meilleure amie.<\/p>\n<p>En classe, j\u2019ai d\u2019autres amis sympathiques\u00a0: Matiti Believe, Bamba Tracy, Bamba Stone, Aluma Divine, Mvemba Merveille, Biduaya Tony, Muninga Souzy, Lebuabanga Jessica, Mbombo Pierrette, Mundele Azgad, Wenga David, Nguni\u2019n B\u00e9nie, Kuanzambi Aldi, Ntoya Stone et Kapinga Kethia. Ils sont gentils, aimables.<\/p>\n<p>Un ami c\u2019est une personne \u00e0 qui on fait confiance. Quelqu\u2019un \u00e0 qui on fait part de ses id\u00e9es, avec qui on partage toutes ses peines. Il est celui qui peut nous aider, nous \u00e9couter lorsqu\u2019on a besoin d\u2019aide. Il doit \u00eatre capable de nous soutenir, nous dire la v\u00e9rit\u00e9. Il doit nous respecter et tenir compte de notre opinion ainsi que de nos go\u00fbts.<\/p>\n<p>Une vraie amiti\u00e9 n\u2019a pas d\u2019int\u00e9r\u00eat. Moi je suis pr\u00eate \u00e0 donner ma vie pour ceux qui comptent plus dans ma vie. Je pense que c\u2019est possible qu\u2019une fille ait des amis gar\u00e7ons. Mais dans ma classe si une fille et un gar\u00e7on sont en train de parler, certaines personnes ont des arri\u00e8re-pens\u00e9es. Moi, je suis une vraie amie pour mes amis. Pour moi l\u2019amiti\u00e9 est un sentiment r\u00e9ciproque d\u2019affection ou de sympathie qui ne se fonde ni sur la parent\u00e9, ni sur l\u2019attrait sexuel.<\/p>\n<p>S\u2019il y a quelque chose que je poursuis ici sur terre, c\u2019est de devenir journaliste. J\u2019ai certains principes auxquels je tiens absolument. Etre vierge jusqu\u2019au mariage par exemple. Mais le plus important c\u2019est de finir mes \u00e9tudes secondaires, commencer l\u2019universit\u00e9. Chaque chose en son temps.<\/p>\n<p>J\u2019ai une vie qui m\u2019attend et plein de choses. Ce que je serai demain, Dieu seul le sait. Mais je travaille et j\u2019\u00e9tudie. Je travaille dur pour devenir une bonne personne dans la vie. Je vais juste remercier tous ceux et celles qui ont contribu\u00e9 \u00e0 mon \u00e9ducation. Merci\u00a0!<\/p>\n<p>Kinshasa, novembre 2015<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LUZOLO SALU Voldie 1\u00e8reAnn\u00e9e Secondaire (2015 \u2013 2016) N\u00e9e \u00e0 Kinshasa, le 07 novembre 2002 &nbsp; &nbsp; Je suis LUZOLO SALU Voldie, \u00e9l\u00e8ve de premi\u00e8re secondaire aux Gazelles, d\u00e9j\u00e0 dix ans que je suis aux \u00ab\u00a0Gazelles\u00a0\u00bb. 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